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Un regard clair sur l'actu Apple, les rumeurs en moins...






 


Test de l'iPad...

Vendredi 29 Janvier 2010 - 12:12


Cédric Ingrand est journaliste sur TF1 et présent à San Francisco, a eu l'occasion de tester le fameux iPad. Voici son récit:


Test de l'iPad...
L'avis de Cédric :
Je ne sais pas ce que vous avez fait de votre mercredi, mais moi, j'ai testé l'iPad. Bon, certes, un peu rapidement, juste le temps de lancer quelques applications, de charger une page web, celle de TF1 News d'ailleurs (Note de service : bonne nouvelle, le site est compatible iPad), et de constater que l'expérience est aussi rapide, aussi fluide que les démonstrations de Steve Jobs sur scène.

Pas besoin d'ailleurs d'y passer des heures : comme l'a souligné Jobs, pour quiconque des 75 millions de possesseurs d'iPod Touch ou d'iPhones, prendre en main l'iPad est d'un naturel immédiat et confondant. L'écran est splendide, tout est très lisible, un parfait exemple de l'intégration d'un matériel bien fait, et d'un logiciel léché, dans un design agréable. Pas de surprise, on est bien chez Apple.

Richard ridicule

Pourtant, une fois passée l'euphorie de la keynote suivie en direct, l'évidence se fait jour: l'iPad n'est pas encore exempt de reproches... D'abord, consensus très net sur Twitter (la nouvelle conscience globale du monde de la technologie): qui est le stagiaire qui a oublié la caméra intégrée ? Dommage, la promesse - enfin - de pouvoir faire de la visio-conférence entre iPad et iPhone aurait fait office de démo qui tue. Ca éviterait aussi le ridicule à Stéphane Richard, le prochain patron d'Orange, qui ressemble décidément à un garçon un peu trop bavard (quand il lâche le morceau sur la sortie de l'iPad il y a deux semaines au micro d'Europe1), mais pas pour autant très bien informé, quand il promet que ses clients feront de la visiophonie avec la tablette... qui n'a donc pas de caméra. Mais passons...

Autre déception: le manque de connexions. Seul connecteur de l'iPad : sa prise à 30 broches, standard des baladeurs et smartphones d'Apple. Problème: si l'iPad n'est pas un gros iPod, alors c'est un ordinateur, qui ne peut se passer d'un port USB, ou d'un lecteur de cartes SD. Il y aura bien des solutions, comme des adaptateurs pour copier ses photos sur un iPad sans passer obligatoirement par un ordinateur, mais on pouvait attendre mieux, ou plus. Question à la fois d'ouverture de la machine, et d'un design que trop de prises pourraient dénaturer.

Le clavier. Un crime ?

Pas de sortie vidéo non plus ? Dommage, surtout pour une machine destinée à trouver sa place sur une table basse, devant la télé. D'autant que cette connexion là pourrait se faire sans compromettre le design de la tablette, les technologies de vidéo sans fil existent désormais, qui permettraient en une seconde de partager le contenu affiché par l'iPad, sur l'écran plat du salon.

Pas de multitâche. Défendable sur un baladeur, plus gênant sur un téléphone, et plutôt décalé sur une machine qui est pour l'essentiel un ordinateur tactile. Avec un gigahertz sous le capot, on pourrait pourtant faire tourner quelques logiciels en parallèle, non ?

Il y a aussi le clavier virtuel qu'affiche l'écran tactile. Plus grand, plus pratique, moins enclin aux fautes de frappe que celui de l'iPhone, mais pas encore une panacée. D'abord, anathème, il faudra regarder vos doigts pour taper. Il faudra surtout ne pas reposer vos poignets sur la machine, pour ne pas troubler l'écran tactile. Tentez de taper pendant cinq minutes en gardant les poignets en l'air, et vous comprendrez les limites de l'exercice. Comme le dit Steve Jobs, si vous devez taper Crime et Châtiment sur votre iPad, vous achèterez le clavier bien physique proposé en option. Signe que le tactile n'est, pour taper, qu'un pis aller.

Il est où le kiosque ?

Mais au fait, l'iPad est-il vraiment la machine idéale pour lire Crime et Châtiment ? A voir, à l'usage, même si le LCD et son rétro-éclairage ne sont pas un idéal de contraste, de lisibilité ou d'autonomie, face aux tablettes à technologie e-Ink de Sony, Amazon, ou Bookeen. Mais ce que l'iPad fait de plus, et de mieux que les liseuses d'eBook creuse un écart qui rend la comparaison difficile.

Et justement, ce qui me plonge depuis la conférence dans des abîmes de perplexité, c'est que l'iPad semble rater des utilisations faites pour lui comme du sur-mesure. Le livre électronique, c'est merveilleux, mais ce n'est pas là que la machine est le plus à son avantage: ce que les e-books traditionnels ne savent pas faire, c'est afficher des magazines, de la BD, des mangas, bref, des contenus graphiques, et en couleur. J'imagine d'ici l'interface... Surtout, économiquement, inventer le kiosque numérique serait pour Apple une source de revenus massive et régulière, et une aubaine pour des éditeurs qui trouveraient soudain le moyen d'adapter la vente au numéro (et pourquoi pas l'abonnement) à la consommation numérique. Je ne peux imaginer qu'Apple n'y ait pas réfléchi, ou n'y travaille déjà. Si le kiosque manque à l'appel, il y a donc des raisons. J'aimerais tant les connaître.

Pour autant, il y a plein de choses à célébrer dans l'iPad. Certains traits surprenants pour une machine signée Apple, comme ces tentations d'ouverture que sont l'utilisation annoncée du format ePub pour les livres électroniques. ePub, un format issu du logiciel libre, bien plus ouvert que le standard utilisé par le concurrent Amazon. Autre surprise: la fin des exclusivités avec les opérateurs mobiles. Les iPad 3G (une option à 130 dollars aux Etats-Unis) ne seront pas simlockés, pas bloqués sur un seul opérateur, quel que soit le pays où ils seront vendus.

Lâche ton "wow"

Bilan : une belle machine, de petites déceptions, quelques lacunes, mais rien de définitif. Peut-être a-t-on le nez trop près de la vitre (tactile, évidemment), pour comprendre l'impact de l'iPad, qui au-delà des geeks, et des fanboys de l'église Apple, qui seraient prêts à acheter un parpaing à 500 euros s'il était frappé du logo à la pomme, devra convaincre les "vrais gens", moins pointilleux, mais plus enclins à comprendre les bénéfices immédiats de la machine. L'iPad serait peut-être ainsi la machine idéale de ces "late-adopters", une façon simple pour eux d'accéder à l'information sans avoir à passer l'intimidante barrière de l'ordinateur, même si c'est un Mac.

Mais il reste quand même l'impression sourde qu'il manquait à ce keynote de Steve Jobs un vrai moment "wow", une killer application comme on dit, une chose jamais vue ailleurs, qui fasse que demain soit à jamais différent d'aujourd'hui. Un wow qui devra attendre un peu : n'oublions pas pour autant qu'Apple a souvent utilisé la première version de ses appareils comme test consommateurs en grandeur nature : souvenez-vous du premier iPhone, sorti sans App Store, pour ne trouver qu'un exemple.

Et peut-être au final que, justement, le délai de deux mois qui nous sépare l'annonce de l'iPad de son arrivée en magasin servira à combler certains de ces manques, surtout côté usages, l'annonce d'aujourd'hui étant pensée pour mettre le feu sous les pieds des développeurs et des éditeurs. Je me contenterai en attendant de mon iPad Mini... Enfin je veux dire, de mon iPod Touch.

Quand à nous, nous continuons d'en discuter sur le forum

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